Transitions difficiles : aider l’enfant à passer d’une activité à l’autre
« Encore cinq minutes ! » Éteindre la tablette, sortir du bain, ranger les blocs ou quitter le parc : pour certains enfants, chaque changement d’activité devient une bataille. Les transitions sont l’un des moments les plus fréquents de désorganisation, et aussi l’un des plus faciles à prévenir.
Pourquoi les transitions coûtent autant
Passer d’une activité à l’autre demande plusieurs efforts en même temps : arrêter quelque chose d’agréable, accepter de ne pas savoir exactement ce qui vient, réorganiser son attention et parfois changer de lieu. Pour un enfant autiste, un enfant qui a un TDAH ou un enfant anxieux, ces efforts sont plus grands. La crise n’est pas de l’opposition : c’est souvent le signe que la transition est arrivée trop vite ou de façon trop floue.
Annoncer avant d’arrêter
- Donnez un avertissement concret. « Dans 5 minutes, on range » est plus clair si on l’accompagne d’une minuterie visuelle que l’enfant peut regarder.
- Utilisez un repère de fin. « Encore deux glissades », « à la fin de la chanson » : une fin que l’enfant peut voir ou compter est plus facile à accepter qu’une heure abstraite.
- Montrez ce qui vient après. Un horaire visuel ou une carte « d’abord… ensuite… » répond à la question que l’enfant se pose : qu’est-ce qui m’attend ?
Rendre le passage plus doux
- Prévoyez un objet de transition. Apporter une petite figurine du jeu jusqu’à la table, ou tenir l’horaire, donne quelque chose de concret à faire pendant le changement.
- Offrez un choix limité. « Tu veux marcher comme un pingouin ou comme un lapin jusqu’à la salle de bain ? » Le changement n’est pas négociable, mais la façon de le vivre peut l’être.
- Gardez une séquence stable. Les transitions qui reviennent chaque jour (le départ pour l’école, la fin de la récréation) gagnent à toujours se faire de la même façon.
Quand l’imprévu arrive
Certains changements ne peuvent pas être annoncés. Pour s’y préparer, on peut enseigner l’idée de l’imprévu à un moment calme : une carte « surprise » dans l’horaire, une courte histoire sociale, ou un plan B déjà convenu. L’enfant apprend ainsi qu’un changement de programme n’est pas une catastrophe.
Observez quelles transitions bloquent le plus et à quel moment de la journée. Souvent, ce ne sont pas toutes les transitions qui posent problème, mais celles qui arrivent quand l’enfant est déjà fatigué ou qui interrompent une activité très aimée.


